Les activités de l’unité Hydraulique villageoise-CES et leur impact

De l'impact des activités de l’unité d’appui sur le terrain nous retenons :

une meilleure compréhension des causes, du processus et des conséquences de la désertification par les paysans de notre zone d'intervention, d'où leur engouement pour le travail de construction des ouvrages CES et les activités de reforestation ;
la constitution d'un réseau d'animateurs paysans intervenant suivant leur niveau de compétence. En effet, les animateurs endogènes peuvent construire de la diguette à la digue filtrante. Pour les traitements de ravine et le perré des bullis la présence d'un animateur exogène ou du responsable d'antenne est nécessaire. Les animateurs paysans assurent la mobilisation sociale au niveau village pour les différentes actions et la mise en place des comités de gestion ;
la plupart des paysans maîtrisent la technique de construction des petits ouvrages (diguettes) et les réalisent seuls, avec leur famille ;
des milliers d'hectares (2 000 ha/an en moyenne)  ont été récupérés et rendus cultivables à la grande satisfaction des paysans ;
une reconstitution du couvert végétal est perceptible ;
les puits de certains villages sont devenus intarissables, moins profonds grâce à la présence des ouvrages hydrauliques  qui ont contribué à la recharge de la nappe phréatique ;
la mise à la disposition de la population d'eau de boisson par la réalisation de puits à grand diamètre et de forages ;
une vingtaine de barrages et de micro-barrages, des centaines de bullis sont mises à la disposition de la population pour l'abreuvement des animaux et pour l'activité maraîchère en saison sèche. Certains périmètres sont aménagés en canaux d'irrigation ;
une augmentation des rendements agricoles (parfois du simple au double) et du revenu des paysans ;
un renforcement de la cohésion sociale par la réalisation des activités communautaires, et de façon générale, une amélioration des conditions de vie de la population ;
une réduction sensible de l'émigration des jeunes vers les pays côtiers ou le sud-ouest du pays, plus cléments. On constate d'ailleurs un certain retour de ceux qui étaient déjà partis.

La réalisation des points d’eau par l’Hydraulique villageoise nécessite deux niveaux d’animation qu’elle effectue efficacement grâce à son réseau d’animateurs se trouvant dans les départements et provinces de sa zone d’intervention :

- Avant la réalisation des ouvrages
Au sein de la FNGN, toute activité, toute réalisation se fait sur demande de la base. Après avoir reçu la demande des intéressés, la FNGN envoie une équipe d’animateurs-techniciens sur le terrain pour s’entretenir avec eux afin de :
dégager les vraies raisons de leurs préoccupations ;
vérifier la faisabilité physique, sociale et économique du projet ;
sonder la motivation et la capacité des futurs usagers du point d’eau à l’exploiter rationnellement et à bien le gérer à travers la mise en place d’un comité de gestion ;
mobiliser la participation (physique et financière de la population).

- Après la réalisation des ouvrages
faciliter la mise en place et la formation de comités de gestion ;
organiser des séances d’animation sur le fonctionnement, les rôles, les relations avec la population d’un comité de gestion ;
organiser des séances d’animation sur l’entretien, les mesures de protection du point d’eau et les mesures d’hygiène à observer pour ce qui concerne les puits et forages ; 
réaliser les suivis et le recyclage pour une pérennisation du point d’eau.

Dans son travail d’animation autour des points d’eau, l’Unité d’appui Hydraulique villageoise est aidé par la Direction de la Promotion féminine de la FNGN qui disposent également d’un réseau de plus de 80 animatrices dans les départements de la zone d’intervention de la fédération. L’animation faite par ces animatrices porte sur des thèmes variés : hygiène de l’eau, cadre de vie, MST-SIDA…

L’unité d’appui est également accompagnée par la radio « La Voix du Paysan ». Les animateurs de l’Unité organisent avec ceux de la radio des émissions radiophoniques de sensibilisation pour toucher un plus grand public. La radio assure ainsi le relais des séances organisées dans les villages. Des jeux concours sont initiés. Les rendez-vous pris avec les usagers ou les populations d’une manière générale, sont rappelés et entretenus par la radio outil efficace de communication en milieu rural.

Dans ses actions de conservation, de mobilisation et d’exploitation des eaux de surface et de la nappe phréatique, la FNGN est soutenue par un ensemble de partenaires financiers.
Ces dernières années, l’expérience des prestations de service a été essayée et réussie avec l’ONG italienne CISV dans le cadre de l’exécution de leurs projets et programmes.